Les livres de ma jeunesse


Il m’arrive de temps en temps d’avoir des flash-back de mon passage sur les bancs. Plus précisément du collège: on se découvre, on s’ouvre au monde, on est recouvert d’acné, on cherche à plaire, à socialiser et briller. En ce qui me concerne, je n’ai jamais appartenu à quelque « gang » que ce soit, quoi que si, mais ça n’avait rien de bien excitant. NON! Ce qui me revient très souvent ce sont les œuvres qu’on lisait en cours; je ne parle pas de Kant, même s’il avait son charme. Il y a des livres qui vous marquent à toujours, je l’ai compris quand assise chez moi; je me suis retrouvée à réciter des répliques entières lues à l’école.

Dans ma quête de livres, je me suis mise en tête d’acheter ces jeunesses qui ont fait ma tendre jeunesse, qui m’ont fait rire et qui hantent mes souvenirs.

 

Les Bimanes de Séverin Cécile ABEGA:

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Leyopar

Je ne vais pas vous mentir, si j’ai acheté ce livre, c’est juste pour une seule et unique raison: “AU Ministère du SOYA”.

Si vous êtes Camerounais, vous comprenez. Le soya est une institution dans la culture Camerounaise. Brochettes ou morceaux de viande de boeuf mariné dans des épices que seul « Maguida* » connait. C’est un délice pour le palais surtout quand le JOKER sort: le piment. Ateu! Le piment et le soya, un duo de choc. Lisez plutôt :

« Le piment est bénédiction du ciel, et les délices que promettent les missionnaires dans le paradis de leur Dieu ne doivent rien valoir à côté du savoureux incendie qui enflamme le palais qui déguste cet Everest de l’art culinaire qu’est la viande en tranches ou en brochettes grillées au feu, le soya.

Le piment est une merveille, aussi contestable que soit cette assertion La bouche qui a dégusté du soya ne peut la contester cependant. Le piment devait être créé. Et Dieu n’a pas failli à sa tâche. Les merveilles que sont la baleine bleue, l’ornithorynque, le cygne noir ou le séquoia ne firent pas oublier ce végétal, si indispensable dans la cuisson du soya. Et que les mortels puissent connaître toute l’importance de cette divine attention à leur égard, Dieu créa les maguidas, terme qui désigne originellement la province septentrionale de notre pays. Dieu créa aussi les bœufs. Les seconds, élevés et égorgés par les premiers, doivent être débités en quartiers et en tranches, avant d’être grillés sur la braise. Puis ils sont baptisés au piment, précieuse opération qui fait de la chair du commun des bovidés, un mets digne de la table des dieux, un soya pour tout dire.

Nul autre qu’un maguida ne peut, avec la même virtuosité, avec le même bonheur, réussir cette alchimie. Souriant, chantant, plaisantant, semblant ignorés eux – mêmes l’immense portée du plus courant de leurs gestes, les créateurs de la huitième et la plus quotidienne, la plus appétissante aussi des merveilles, chaque soir, transforment la plus banale des viandes, celle du bœuf, en soya. »

Les Bimanes, ce sont ceux qui ont deux mains, se battent au quotidien pour exister et vivre. Il dénonce dans cet ouvrage de sept nouvelles, un monde d’inégalités, un monde dans lequel se côtoient pauvres et riches. Lecture atemporelle qui avait du sens à l’époque et qui n’a pas pris de rides.

L’os de Moor Laam de Birago DIOP:

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Leyopar

Un classique. Je l’ai lu en classe de 5ème. Je me souviens de M. Essogbo et de l’intonation qu’il prenait en classe.

  • Où est l’os ?
  • L’os est là.
  • S’est-il ramolli?
  • Il s’est ramolli.
  • Et Moussa, est-il là?
  • OUI, il est encore là.
  • Laisse qu’on m’ensevelisse.

En Afrique de l’Ouest, le partage est d’or. Au Sénégal où je vis, il est une règle: si quelqu’un débarque, on doit pouvoir le servir, quand bien même, il n’était pas prévu. J’ai fini par l’intégrer, Moi NIAK au Sénégal. Cet art de recevoir, si particulier au Sénégal, se fait la joie au cœur. Bien souvent, on mange autour du bol qui est dressé comme une oeuvre d’art.

Dans cette société où le partage est une évidence, Moor Laam, est le cheveu dans la soupe. Il nargue et toise cette culture et tradition dans laquelle la communauté prône sur l’individu, Moor Laam est l’archétype de la radinerie. Sa radinerie n’a d’égale que celle de l’Avare de Molière. Il est pingre à en mourir sans mauvais jeu de mots. Il finira six pieds sous terre, parce que refusant de partager l’os du repas que Moussa convoitait tant. Et Moussa à qui il voulut refuser « son » os, finira par le (l’os) posséder, sa femme et sa maison.

L’os de Moor Laam est un pièce théâtrale.

Trois prétendants… Un mari de Guillaume Oyônô Mbia:

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Pièce de théâtre, Trois prétendants… Un mari se veut la peinture d’une société qui lutte pour sa survie. Tous les moyens sont bons pour percer, même si on doit pour cela plumer les prétendants qui se pressent à la porte pour épouser une fille. Vous l’aurez compris, je parle de dot; symbole d’une tradition qui vire et dérape très facilement et se transforme en escroquerie. Émancipation de la femme, tradition, choc des générations, ce roman comme les autres est actuel.

Les chauves-souris de Bernard NANGA:

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Je vous donne en primeur, la revue de ma copine Anne Kedi :

« Bienvenue dans l’Afrique qui déchante au lendemain des indépendances. Bienvenue au pays de Mr. Bernard NANGA. Bienvenue dans ce pays où les chauves-souris ont pignon sur rue.
Je viens de relire ma dernière phrase, et je me rends compte que vous pourriez me prendre chers amis, pour quelqu’un ayant perdu ses sens. En effet, les chauves-souris sont des animaux nocturnes dont la présence chez nous en Afrique, est souvent associée à des forces maléfiques. Alors, a priori, quelle idée de décrire un pays comme un endroit où les chauves-souris sont des références?

C’est bien le pari de l’auteur d’origine Camerounaise (charité bien ordonnée commençant par soi-même), Bernard NANGA, dans son premier roman “Les Chauves-Souris”. Ce titre a tout de suite attiré mon attention.

En effet, les chauves-souris dont on parle sont bel et bien des êtres humains et non des animaux. Je ne les décrirais pas, car ça serait détruire l’intrigue du roman. Toutefois, je peux vous parler d’une d’entre elles, notre personnage principal. Elle s’appelle Robert BILANGA. Robert est un haut cadre de l’administration, au ministère des finances. C’est un homme sans scrupules, en apparence de bonne moralité et avec beaucoup de principes mais qui au final s’avère avant tout être un opportuniste. C’est un chantre patenté du pouvoir en place. Il a le sentiment d’être rempli de pouvoir et ne recule devant aucune difficulté pour arriver à ses fins. Il aime donc le pouvoir, l’argent, la reconnaissance, attributs qui somme toute vont ensemble. »

Source: labiblioafronebrulepas

Les trois petits cireurs de Francis BEBEY:

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Francis BEBEY dans cette oeuvre majeure nous raconte le quotidien de trois petits garçons qui ont connu très tôt les tourments de la vie à se battre pour survivre et exister. Pour manger, ils cirent les chaussures des « quelqu’uns » qu’ils ne deviendront jamais.

« Ciré Missié, Ciré Patron. Moi je cire tes chaussures et toi tu seras beau! » Tel est le quotidien de ces petites mains qui « hustle » pour vivre au jour le jour.

 

Notez que tous ces auteurs sont des Africains, 3 Camerounais et 1 Sénégalais. Dans ma biblio, je n’ai que 2 sur 4 mais je vais vite combler le gap.

 

Quels sont les livres que vous avez aimé sur les bancs?

  1. Ces lectures ont l’air chouette et intéressantes. De par ce que tu en dis je serais bien tentée par l’une ou l’autre. Si jamais je craque, je te dirai 🙂

    Chouette article en tout cas

    Aimé par 1 personne

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    1. Super, franchis le pas et dis moi ce que tu en penses. Merci d’être passé

      Aimé par 1 personne

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  2. […] 6) Quel est le dernier livre qu’on vous a conseillé?  Merci miss Leyopar […]

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  3. Que des « classiques »! ça me donne envie de les relire, merci miss!

    Aimé par 1 personne

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